Histoire de la ville

famillePour la première fois, l'existence de notre village est mentionnée dans un document de l'Empereur Frédéric Barberousse. Ce dernier lègue en 1163, à l'Eglise Saint-Thomas de Strasbourg, les biens de la banlieue de Rinstett. De 1271 à 1486, on fait mention d'une génération de noblesse qui s'éteignit avec Nicolas de Rinstett, en 1486. Un document de 1350 nomme le village de Rynstett, alors qu'en 1163 on écrivait Rinstetten et en 1259 Rinstettin.

Incendiée à plusieurs reprises par des bandes pillardes, Reichstett fut entièrement détruit par les troupes de Mansfeld en 1622. Dix ans plus tard, en 1632, les Suédois forcèrent les habitants d'évacuer le village. En 1667, Reichstett ne comptait que 80 habitants qui payaient la Dîme au curé du village. Dans un document de 1670, il apparaît que Reichstett est un village riche, au sol fertile, possédant une belle forêt et des champs bien cultivés.  

En 1678, Reichstett est envahie par les armées du Maréchal Créqui, lesquelles incendièrent le village, tandis que Turenne poursuivait les Allemands au-delà du Rhin. De 1790 à 1802, Reichstett appartient au canton de Brumath ; de 1802 à 1835 au canton d'Oberhausbergen, de 1835 à 1973 au canton de Schiltigheim

restaurantEn 1800, Reichstett compte 778 habitants, 1002 habitants en 1833.
En 1871, on dénombre 218 maisons avec 1048 habitants, en 1907, 252 maisons abritent 1 464 habitants.
Dès 1869 il est fait mention de l'école à classe unique et mixte. Cette école est dirigée par un instituteur. Chaque élève paie 10 centimes par semaine, et en hiver emmène sa bûche. Le nombre croissant d'élèves détermine la création d'une 2ème classe. L'instruction des filles est confiée à une sœur de Saint Jean de Basse (1827).

L'église actuelle, construire en 1767, s'est agrandie par deux transepts vers 1900. La construction des orgues date de la même époque.
Durant la guerre de 1914/1918, les Allemands employèrent le Fort Rapp comme camp de prisonniers russes et italiens. Entre les deux guerres, l'enseignement du français fut rétabli dans nos écoles, mais à nouveau suspendu durant l'occupation allemande de 1940/1944. De juin 1940 à la libération en 1944, Reichstett, comme d'ailleurs toute l'Alsace, subit l'annexion pure et simple au Grand Reich Allemand. La commune fut administrée par un Bürgermeister et un " Ortsgruppenleiter ".

Le 23 novembre 1944, la Commune fut libérée par la 2ème Division Blindée du Général Leclerc. Le Général de Gaulle, grâce à son prestige auprès des Américains, a réussi à maintenir ces derniers à leurs positions occupées en novembre 1944. Quelques jours après, une contre offensive lancée par les troupes françaises écartait tout danger.

A la libération, un Comité Administratif fut désigné par le Préfet et resta en fonction jusqu'aux premières élections municipales en automne 1945.

Dès lors, la commune connu un essor des plus considérables, surtout à partir de 1960, début de la construction de la Raffinerie.

REICHSTETT : fait et méfaits de la guerre (période 1939/40)

Le 3 septembre 1939, la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l'Allemagne.

L'Alsace étant incluse dans la zone des opérations militaires, les autorités évacuent en hâte la population civile des communes les plus exposées, mais Reichstett concerné ne sera pas évacué. A Reichstett sont cantonnés une batterie du 117ème Régiment d'Artillerie lourde, le 3ème bataillon du 226ème Régiment d'Infanterie chargé de la défense nord de Strasbourg et des soldats d'un Régiment d'Artillerie de Forteresse occupant le fort Ney-Rapp (s'Zwechewerick).

Le 17 juin 1940, tous se replient vers les Vosges, mais les soldats du fort Ney-Rapp dynamitent l'ouvrage avant leur départ. Il ne faut donc pas s'étonner que le village deviennent une cible pour les allemands.

Le 16 juin 1940, des obus s'abattent sur Reichstett. Les allemands veulent réduire au silence la batterie d'artillerie installée à l'extrémité de la rue du Canal. Les tirs, approximatifs, n'atteignent pas leur but mais des maisons sont touchées. La ferme Wintz (s'Hansdewels), 6 route de Bischwiller (actuelle rue du Général de Gaulle) est partiellement détruite par un obus. Un autre, explosant sur la route, cause la mort de la grand-mère venue chercher sa petite fille restée seule à la maison. La fille sort indemne de ce drame. La maison devenue inhabitable, la famille emménage dans la grange voisine qui deviendra le lieu de vie en attendant la reconstruction.

Le 19 juin 1940, Strasbourg est prise par les allemands. Pour se rendre sympathique auprès des Alsaciens, ils décident de relâcher les prisonniers de guerre alsaciens. Ce sera le cas de Wintz Antoine dont la joie du retour au foyer est vite altérée à la vue de la ferme détruite.

Le 24 juillet, des poteaux frontières sont placés sur la limite d'avant 1918 du Reichsland Elsass-Lothringen, malgré les protestations françaises.

C'est  l'ANNEXION DE FAIT DE L'ALSACE.

Il faut éradiquer tout ce qui rappelle la France, noms des rues, des commerces ... Le 16 août l'allemand devient la langue officielle. Ainsi la route de Bischwiller devient la ADOLF HITLER STRASSE.

ferme-Wintz

La reconstruction est également un argument de propagande. L'administration ordonne donc la reconstruction de la ferme Wintz mais sans tenir compte de son ancien style: le nouveau bâti doit répondre aux exigences fonctionnelles d'une exploitation performante.

Cette construction se fera sans la moindre concertation avec le propriétaire. La ferme Wintz, de type alsacien, avec ses colombages, sera remplacée par une ferme modèle, un « MUSTERHOF» dont la finition tarde. Près de 3 ans se passent entre la destruction de la ferme et le réaménagement dans la nouvelle demeure en 1943.

La ferme Wintz est donc un témoin architectural d'un moment de l'histoire de l'Alsace.

GRASSER A.